| De gauche à droite : Pascaline, Maelle, Fabrizio, Chiara, Erika, Elita et Marie |
On en rêvait depuis longtemps sans oser l'imaginer, on avait acheté les billets mi août sans vraiment réaliser, et pourtant nous voilà bien en ce vendredi 16 septembre 2011, à attendre sans encore y croire, l'ouverture des portes de l'estadio monumental pour voir les RED HOT CHILLI PEPPERS ! Yeah Yeah Yeah !
A 15h30, campement établi : sacs, manteaux et bouteilles enveloppées précautionneusement (ou pas) dans des sacs plastiques, sur conseil des chiliens (ils rigolent pas les flics ici, attendez la suite vous comprendrez mieux à quel point...), la foule se masse peu à peu autour de nous. Il y en a de tous les âges, de tous les genres. Des couples de 14 ans, de vieux jeunes de 45 ans en blousons de cuirs usés jusqu'à la corde, des groupes de potes de 20 ans (youhou!), on aperçoit même des gamins de 10 ans maximum, venu avec frères et parents pour assister au concert !
| Petit aperçu du "campement" |
Dans cette foule, s'éclipser pour aller aux toilettes (comprendre partir dans une véritable exploration du mall voisin et patienter une bonne demi heure) signifie se battre pour retrouver sa place, et dans notre cas, se perdre surtout. C'est qu'avec mon mètre 60, j'ai plutôt du mal à avoir une vue d'ensemble ! Marie, plus grande, venue avec moi, n'a cependant pas plus de succès, et ce ne sont pas les portables qui vont nous aider sur ce coup là car la foule commence à s'exciter et à crier. Mais pas de bousculades, un keffieh et une main (enfin le bout des doigts de Pascaline) agités en l'air plus tard, et nous sommes tous réunis, prêts à affronter la cohorte en folie qui presse de plus en plus. Les portes du stade sont devenues de véritables goulots d'étranglements d’où s'échappent en courant les premiers spectateurs qui vont se ruer sur la pelouse au pied de la scène.
| Marie et Maelle (avant de s'éclipser en pause "pipi") |
Il doit être prêt de 18h et nous sommes tous comprimés les uns contre les autres, jusque là j'ai envie dire, rien de bien anormal pour le concert d'un groupe de folie comme les Red Hot. Mais alors que des cris de surprise retentissent dans notre dos, on sent quelque chose de froid, comme un jet d'eau haute pression, nous tomber dessus et mauvais (très mauvais) réflexe, on se retourne quelques demi secondes pour voir ce qui se passe et là c'est l'horreur : le visage se met à nous brûler. Dans le nez, la bouche, les yeux qui pleure,et, autour de nous tous sont dans le même état. C'est dans ce semi-chaos qu'on passe enfin les portes, poussés par la nécessité de s'éloigner de ce jet d' "eau". On apprend après de la part d'un carabineros (les fameux policiers chiliens) que ce n'est en effet qu'un jet d'eau mélangé à de l'oignon. Mouais, mouais mouais, la réalité est que nos yeux pleurent tout ce qu'ils peuvent et que dans le pire des cas (celui de Pascaline) les effets de cette eau à l'oignon (grosse blague quand même!) vont bien durer encore 24h ! Et hors de question de mettre de l'eau sur la peau, c'est encore pire après ! On finit par penser à de l'eau mélangée à un gaz lacrymogène, l'équivalent de ce qu'ils balancent pendant les manifs étudiantes ces derniers mois, et après tout, c'est vrai, quelle différence ? Il s'agit juste dans les deux cas de calmer (un peu la jeunesse) quelques jeunes, n'est-ce pas ?
| Arrivée sur les lieux |
| Fabrizio et Maëlle après la douche aux "oignons" |
| En effet, tout est vite oublié et nous attendons dès lors le concert avec impatience :) |
Enfin bref, cet épisode est vite oublié (disons minimisé), car après tout nous sommes installés dans les gradins, en face de la scène et à mesure que le stade se remplit peu à peu on sent l'ambiance monter ! Des vendeurs ambulant passent dans les rangs, proposant cocas, hots dogs, mani et autres friandises en tout genre, les discussions vont bon train, tout le monde rigole, parle, chantonne, et se couvre également parce que le froid commence à tomber et le vent se lève, mais ce n'est pas ce qui va nous arrêter !
Vers 19h, première première partie: un groupe chilien, mélangeant rythme de cumbia et rock, quelque peu étrange au premier abord mais l'ambiance est au rendez vous, grâce aux chiliens, public impeccable qui connaît les chansons par cœur, déjà debout, dansant et applaudissant à tout rompre. Entre deux groupes on se familiarise avec le wohohohoho local, car oui le rythme change et donne quelque chose du genre wooooooo hohoho. De même nous mettons bien dix minutes avant de comprendre que l'étrange expression répétée par tout le stade est en réalité le nom Red Hot mais prononcé à la chilienne (et qui nous a valu quelques fous rires il faut bien l'avouer!). Et on se rend compte alors qu'il n'y a finalement pas tant d'étrangers que ça dans le stade, ou alors ils sont bien discrets face à la masse chilienne.
20h30, deuxième première partie. Et là c'est le drame... ^^ Ils ont prévenus pourtant, c'est notre première fois au Chili, merci beaucoup d'être là. Déjà ça mettait le doute, et puis le stade commence à s'impatienter... La musique s'élève, lente, planante, pop rock anglais. Agréable sûrement dans d'autres circonstances, mais là on se retrouve tous ratatinés sur nos sièges, pour lutter contre le froid et le sommeil qui menacent de plus en plus ! Le groupe finit péniblement, sous quelques huées il faut bien le dire et c'est un peu dommage pour eux, mais là on n'a plus qu'une seule envie : les Red Hot !
Et soudain les lumières de la scène s'éclairent à nouveau, les écrans s'allument, et le groupe apparaît sur scène !!! Une folie, une vrai folie pendant presque deux heures, sur scène, sur la pelouse, dans les gradins, partout ! Les chansons s’enchaînent, leurs tubes et quelques unes du nouvel album, une alternance parfaite entre les différents types de chansons, des intros de pure délice (je vous laisse imaginer notre état quand ils ont entamé californication, ou plutôt quand on l'a reconnue après avoir apprécié une intro vraiment originale). Une fois de plus les chiliens nous impressionnent par leur maîtrise des paroles et l'ambiance qu'ils peuvent mettre. Le groupe a même un petit mot d'encouragement pour le mouvement étudiant au Chili, en référence aux grèves dans les facs publiques depuis un semestre environ, et le public acclame avec force...
Et puis voilà, c'est déjà fini, après un rappel et près de deux heures de concert, on se retrouve une nouvelle fois au milieu de la foule, beaucoup moins pressée cette fois pour sortir. Sur le chemin pour rejoindre la route, les vendeurs se pressent, porte clés, t-shirts, posters, l'habituel bric à brac commercial autour des groupes de musique de cette envergure. A une différence près, ce sont les prix Amérique latine, muy muy barrato ! Deux casquettes 3000 pesos, bon bah Marie n'en voulait qu'une mais à 4 euros les deux on va pas trop hésiter !
C'est une fois sur la route que les ennuis commencent. Car il faut bien trouver un moyen pour rentrer, et bien que le métro soit fermé, il nous reste les options bus, taxis ou colectivos. Mais on est bien obligé de constater que ce sont les même options pour tout le monde et qu'un stade entier se déversant dans la rue, ça fait beaucoup de monde ! Alors quel bus ? Colectivo ou non ? On redescend la rue ou on la remonte à contre courant ? On prend une rue parallèle ou on reste sur la principale ? …. On tergiverse, on tergiverse et finalement après quelques essais infructueux, on se résigne à remonter la grande rue principale à la recherche d'un arrêt un peu moins bondé ou on pourrait avoir une chance de monter dans les bus pleins à craquer ! Et là commence la procession, nous sommes de pauvres pèlerins malheureusement à secs, tous à la recherche du graal : une place dans le bus. Et pour ça tous les moyens sont possibles et on va vite s'en rendre compte. On dépasse deux ou trois arrêts et on finit par arriver au terminus des bus, on en a vu passer 3 coup sur coup sur le chemin, il ne nous reste plus qu'à attendre les prochains. Il y a moins de monde, mais on regarde inquiets de nouveaux arrivants se masser juste devant nous et ça ne loupe pas : ils nous grillent la priorité et lorsque le bus arrive enfin, c'est une véritable ruée vers les portes ! Des animaux, des animaux comme dirait Pascaline, et on ne peut qu'être d'accord en voyant cela. Finalement le groupe est séparé en deux et Fabrizio, Pascaline et moi nous retrouvons dans un bus une quinzaine de minutes plus tard, crevés, encore un peu énervés mais bien contents de rentrer enfin ! Il est 2h du mat et le concert s'est fini avant minuit...
Du début à la fin donc un concert hors du commun, et au final de très bon souvenirs et une histoire à raconter, on n'en retiendra que le meilleur...

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